Documentaire « La Terre en morceaux » ou comment les terres agricoles, la nature et notre avenir disparaissent sous le béton…

Un documentaire que je ne peux que vous recommander sur une disparition dont une majorité se soucie peu, ou ne voit pas la nécessité d’y résister, tant nous sommes dans une société d’abondance (au détriment des peuples du Tiers-Monde…) : la disparition des terres agricoles !

L’équivalent d’un département Français disparaît sous le béton tous les 7 ans, c’est à dire qu’au rythme actuel (qui ne diminue pas, bien au contraire), l’équivalent d’une région (telle que la Bretagne) disparaîtra tous les 25 ans environ ! Au niveau mondial, c’est l’équivalent de l’Italie qui est perdue chaque année en terres cultivables !

Il n’existe quasiment plus aucune commune ou ville de France qui ne s’artificialise pas, et ce au nom du développement économique, démographique et du rayonnement de son territoire ! Qu’en est-il de l’autonomie alimentaire, de la résilience des écosystèmes, de la biodiversité végétale et animale, des risques induits par la bétonnisation galopante des campagnes (moindre rétention en eau d’où des crues plus intenses par exemple) et de la disparition des paysans ? Pensez-vous, ceci n’est pas important comparé au profit, la gloire et la croissance exponentielle au nom du progrès économique !

Or la terre arable ne peut ensuite plus être récupérée, quand elle est recouverte de bitume ou de bâtiments, plus aucune culture ne pourra y pousser avant des dizaines, voire des centaines d’années ! L’ironie est aussi que les villes et villages sont implantées là où les terres étaient les plus fertiles et les plus vivantes, or ces terres sont les premières à être urbanisées sous l’effet du boom des construction des zones commerciales, artisanales, industrielles et des lotissements !

Bien que cet excellent documentaire n’en aborde que peu la problématique, la biodiversité s’en trouve durablement menacée puisque les biotopes ne peuvent survivre à tant d’aménagements (sans parler de la vie du sol, littéralement détruite!). N’imaginez pas que la biodiversité est protégée en ville, il ne reste que celle qui arrive à s’adapter à ce nouveau milieu, certes en abondance (d’où la fausse impression de vie) mais avec un appauvrissement critique du nombre d’espèces et de sa résilience ! Et comment pouvons-nous appeler une ville un milieu vivant, franchement ?

Il ne faut pas non plus oublier l’explosion du nombre de routes et d’autoroutes construites, un des aménagements du territoire le plus impactant pour la biodiversité, puisqu’il fragmente irrémédiablement les territoires des espèces, menaçant leur capacité à se nourrir, se reproduire et migrer (il est d’ailleurs à craindre que cela sera l’un des principaux facteurs de l’extinction d’une partie du vivant sous l’effet de l’augmentation du réchauffement climatique, puisque la bétonnisation de notre territoire empêchera une migration rapide du vivant, notamment des végétaux et invertébrés !).

Le documentaire mentionne également un fait important et que nous avons tendance à oublier : dans une société de croissance exponentielle et de rationalisation des coûts pour plus de marge économique, les fermes doivent grossir et s’industrialiser, ou disparaître… Dans les 10 ans qui viennent, plus de 50% des agriculteurs vont partir à la retraite, or la majorité de ces structures, aux capitaux et immobilisations monstrueuses (plusieurs millions d’euros pour nombre de fermes familiales !), ne peut plus être transmise à la nouvelle génération (à moins qu’elle ne s’endette à vie et qu’elle agrandit bien plus les fermes en en avalant d’autres…). Le prix des terres agricoles s’envole également sous l’effet de l’appétit et de la spéculation d’investisseurs internationaux et de grosses structures agricoles qui rachètent à tout va le moindre lopin de terre qui se libère

Comment imaginer enfin que des structures de plusieurs centaines, voire milliers d’hectares (oui cela commence à arriver en France) pourront effectuer une agriculture biologique qui ne sera pas au rabais, une agriculture écologique, sociale et non-industrielle, car c’est bien de cela dont on parle… Voici l’avenir des campagnes françaises si nous n’entrons pas en résistance : quelques agriculteurs disséminés sur des centaines de km2, une biodiversité qui s’éteint, des sols qui se meurent, des petites mains exploitées accompagné d’un désert de béton !

Les alternatives sont nécessaires (permaculture, agroécologie), mais ne suffiront pas à stopper cette tragique évolution…

Nous avons le pouvoir d’agir dans chaque commune et ville de France, nous avons le pouvoir de stopper l’étalement urbain et la concentration des terres agricoles!

Il en va de notre avenir alimentaire, écologique, social, de l’avenir d’une grande partie de la vie animale et végétale de nos campagnes et de l’avenir de notre espèce par là-même, car ce phénomène est international et exponentiel !

https://mrmondialisation.org/un-tiers-des-terres-arables-de-la-planete-sont-menacees/

http://www.planetoscope.com/sols/1175-disparition-de-surfaces-agricoles-dans-le-monde.html

http://www.bastamag.net/L-hyper-concentration-de-terres-aux-mains-d-une-elite-n-epargne-aucun-pays

Yoann, paysan en colère ! 

Voir aussi ces deux articles que j’ai écris sur des thématiques liées à ce qui se déroule de grave pour le futur de l’agriculture et de la nature, et par là-même pour notre avenir :

https://docuclimat.com/2017/01/14/les-friches-derniers-espaces-naturels-de-france-en-voie-de-disparition/

https://docuclimat.com/2017/01/25/aux-possibles-survivants-de-la-catastrophe-qui-vient-lettre-paysan/

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Présentation du documentaire « La terre en morceaux », diffusé sur Arte en 2015 :

Un pan de la France meurt en silence. Tandis que la ville gagne du terrain, les parcelles agricoles disparaissent à grande vitesse : l’équivalent d’un département français est rayé de la carte tous les sept ans. Cette raréfaction coïncide avec celle des petites exploitations familiales, prises en tenailles entre le développement des zones urbaines et la croissance exponentielle d’exploitants investissant à tout va. L’hypothèse d’une agriculture financiarisée et sans agriculteurs se dessine.

D’autres documentaires liés à cette thématique de la disparition des terres agricoles :

https://docuclimat.com/documentaires-en-streaming-par-categories/documentaires-sur-la-nature-la-biodiversite-et-sa-destruction/

Pour aller plus loin dans cette réflexion vitale sur notre rapport à la nature et à la terre, voici une sélection (non-exhaustive) de livres :

https://docuclimat.com/bibliographie-indispensable/

 

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