Lettre d’un paysan aux générations présentes : Aux possibles survivants de la catastrophe qui vient…

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Imaginez un futur sans saisons, sans régularité du temps, de la pluie, de la chaleur, du froid et des éléments.

Imaginez des semis effectués sans assurance de les voir s ‘épanouir dans la douce tempérance de notre climat.

Des blés , seigles, sarrasins, maïs, légumes, fruits et autres aliments à la base de la vie, chétifs sous un soleil de plomb et une sécheresse historique, ou pourris sur pied par la faute d’inondations de plus en plus catastrophiques.

Imaginez que les deux choses soient possibles à la fois, en une même année et vous aurez une idée d’un futur qui menacerait la base même de notre existence.

Oubliez tout ce que vous pensiez être normal, oubliez le tempo harmonieux des saisons, parfois déséquilibré mais jamais de plus de quelques années. Oubliez l’assurance tranquille de trouver sur vos étals de marchés une abondance diversifiée de fruits savoureux, empli de soleil et d’arômes, de légumes prêt à être mijotées, capables d’apaiser temporairement les tourments de la vie, de céréales capables de sustenter notre faim à n’importe quel moment.

Le climat nous ramène à notre condition humble de mammifères aux besoins simples : avoir de quoi boire, se manger et vivre solidairement en société.

Ce climat stable depuis environ depuis une dizaine de milliers d’années, malgré quelques soubresauts brefs, qui ont d’ailleurs été le déclencheur de la majorité de la chute des civilisations ou des ages sombres, n’est plus.

Le climat qui nous attend et dont nous connaissons déjà les prémisses, sera de plus en plus instable, imprévisible, nous offrant de plus en plus de ses colères capables de renverser nos habitudes bien ancrées pourtant nécessaires à la poursuite de notre vie.

Au lieu de vivre, nous survivrons. Nous sèmerons comme toujours, nous espérerons comme toujours. Mais le climat nous infligera de plus en plus des conditions propres à nous faire désespérer, propres à détruire à petit feu ou par brasiers le nécessaire calendrier de nos vies et de nos productions.

Que cela nous paraît abstrait, lointain et presque inconséquent d’entendre parler de degrés de réchauffement en plus. Et pourtant, les conséquences en sont terrifiantes dans un monde où un degré de plus signifie que l’équivalent de plusieurs centaines de milliers de bombes atomiques (en terme de puissance énergétique) circuleront en plus dans l’atmosphère et les océans.

De quoi augmenter radicalement l’évaporation à la surface des océans et des terres, de quoi modifier la circulation (quasi-stable depuis plusieurs milliers d’années) des courants atmosphériques et océaniques, de quoi ainsi nous infliger des blocages atmosphériques de plus en plus conséquents qui occasionneront de plus en plus de sécheresses dramatiques, d’inondations terribles et de chaleur suffocante.

Comment les paysans du monde entier sauront s’adapter à de telles irrégularités climatiques, qui plus est dévastatrices ? Comment pourrons-nous nous protéger des maladies cryptogamiques et des parasites qui seront parmi les seuls à profiter de ces conditions exceptionnelles et à infliger des dégâts aux cultures auxquels nous ne pourrons faire face ? Comment pourrons-nous nous calquer, comme nos ancêtres le font depuis déjà des millénaires, sur les périodes propices aux semis, plantations et récoltes, connus grâce à la régularité de notre climat ?

Oubliez vos certitudes, oubliez vos habitudes. Préparez-vous à vivre un futur qui n’aura rien de glorieux et qui ne favorisera en rien le progrès (entendons-nous bien, le progrès social et culturel).

Nous devrons nous préparer à lutter tous ensemble pour que la faim ne nous tenaille pas, pour que les inégalités d’accès aux ressources de bases ne se creusent pas plus, pour que notre futur ne s’écroule pas.

La catastrophe est déjà présente et les alternatives ne suffiront pas. Non pas qu’elles ne soient pas nécessaires, au contraire puisqu’elles assurent notre capacité à s’adapter à ce futur imprévisible et à retrouver le lien avec un environnement dont nous avons cru pouvoir nous détacher.

Les alternatives ne suffiront pas car un système économique et politique : le capitalisme, à l’origine de cette catastrophe qui vient, est aussi celui qui se nourrit et se nourrira encore plus des crises qui se multiplieront. N’anticipons pas sur son déclin, car tel le phénix, il possède cette extraordinaire et terrifiante capacité à renaître de ses cendres (pour exemple flagrant la crise de 2008).

Qui plus est, sa capacité à exploiter de manière exponentielle tout ce que recèle la planète pour continuer sa croissance qui est elle même exponentielle, menace nos alternatives et nos capacités à résister aux catastrophes qui viennent (augmentation de la production de CO2 et de méthane, pollution de l’eau, destruction des terres cultivables, des forêts et zones humides, pollution de l’air, extraction forcenée de métaux rares et cultures intensives de produits d’exportation sur des terres de peuples premiers, etc…)

Nous sommes face à un chapitre inédit de l’histoire de l’humanité, un chapitre où une oligarchie politique et économique a choisie de sacrifier la durabilité de notre espèce pour son profit immédiat, un chapitre où si un soulèvement généralisé pour le climat et pour nos espaces de vie ne se produit pas dans les quelques années qui viennent, nous pourrons oublier de vivre pour nous préparer à survivre, nous pourrons oublier de rire pour nous préparer à pleurer, à pleurer pour nous-mêmes et pour le reste de la vie !

Un paysan, pour combien de temps ?

N.B : ce texte mentionne particulièrement les conséquences à attendre dans nos pays occidentaux, mais les conséquences terribles du changement climatique se font déjà sentir dans les pays du tiers-monde envers des populations qui ne contribuent quasiment pas au réchauffement climatique et qui subissent aussi (ce qui aggrave les conséquences du changement climatique) notre pillage de leurs ressources naturelles, la destruction de leurs espaces de vie, l’exploitation de leur « main d’oeuvre » pour que nous ayons à jouir en toute inconséquence de produits de consommation de masse à bas coûts, etc…

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En lien avec cet article, je vous conseille fortement le livre « Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes« 

D’autres livres que j’ai sélectionné plus ou moins en lien avec ma « lettre » (liste non-exhaustive, je la compléterais bientôt en classant par sous-pages) :

https://docuclimat.com/bibliographie-indispensable/

Des blogs essentiels pour en savoir plus sur la catastrophe qui vient :

http://leclimatoblogue.blogspot.fr/#uds-search-results

https://global-climat.com/

D’autres liens pour suivre l’évolution du climat :

https://docuclimat.com/liens-utiles-pour-suivre-la-meteo-et-le-climat/

J’ai aussi commencé à sélectionner des graphiques que vous pouvez trouver dans les pages du blog :

https://docuclimat.com/graphiques-sur-la-situation-et-levolution-du-climat/

Une bibliographie indispensable pour mieux comprendre les enjeux du changement climatique :

https://docuclimat.com/bibliographie-indispensable/

Une sélection de documentaires sur le sujet :

https://docuclimat.com/documentaires-en-streaming-par-categories/documentaires-sur-le-rechauffement-climatique/

Beaucoup d’autres documentaires en lien étroit avec l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique :

https://docuclimat.com/documentaires-en-streaming-par-categories/

5 commentaires

  1. Yoann,
    Juste pour dire sans vouloir trop vous embêter,
    Merci beaucoup pour ce descriptif fort probable du scenario apocalyptique de notre futur proche.
    Je n’aurais pas l’outrecuidance d’y porter contradiction, étant moi-même persuadé de sa vraisemblance. Il n’empêche que, même dans un univers aussi hostile, notre survie va dépendre de notre faculté à nous adapter. Nous adapter signifie nous battre pour notre survie, pour notre nourriture, notre sécurité physique, nos biens familiaux et personnels, notre espace de vie, et cela, au détriment de la nature (c’est déjà fait) mais surtout à celui de nos voisins. Bien sûr cela ne sera pas le cas de l’ensemble de nos semblables et, comme d’ailleurs cela est déjà bien commencé, le grand massacre va prendre une inflexion colossale. Mais n’en a-t-il pas été de même, bien sur à une échelle légèrement inférieure, lorsque l’humanité à traversée des époques de barbarisme sanguinaire, sans pour cela remonter au début du moyen-âge. Comment pourrait-on croire en la pérennité de l’humanité puisque l’histoire nous montre bien qu’elle ne l’a jamais été.
    Pensez-vous vraiment que les 200 milliards d’hommes que la terre a vu transiter depuis qu’homo sapiens il fut nommé, ont vécu en toute sérénité et surtout pensez vous que leur vie se soit interrompue d’elle-même. Je pense sincèrement qu’il aura existé plus de vilaines morts que de belles et que cela va se prolongé et s’amplifier de manière incalculable.
    Pour ce qui est de l’aspect victime de nos concitoyens vis-à-vis de certains avides de profits et totalement sans scrupule au regard de la nature, je pense, sans vouloir porter la contradiction systématiquement que là je ne suis pas d’accord. Les individus (moi y compris) ont une totale responsabilité dans ce joyeux massacre, tant en balançant à gogo des détergents dans nos rivières, qu’en utilisant l’avion de manière intempestive, ou en faisant la course avec des bagnoles sur des autoroutes payantes et donc recommandées, pour rejoindre des lieux de villégiature et enfin pseudo admirer l’efficacité du télésiège ou le degré de bronzage d’une plage plutôt que d’une autre. Il faut bien admettre que rares sont les individus qui contemplent avec un soupçon d’admiration un coucher de soleil hivernal ou les soubresauts d’une marmotte, malgré que tout « internétés » ils s‘émeuvent souvent d’un descriptif idyllique des mœurs du requin marteau.
    Lorsqu’un agriculteur utilise un durcisseur de tige pour éviter à son blé de plié sous le vent ou l’orage, pensez-vous qu’il fasse appel à d’autres considérations que celles dont fait preuve son fournisseur de produit? Il est monsantosien autant que monsanto lui-même et, il se fout pas mal de tout le reste. Il travail à sa survie et bien qu’il en soit de plus en plus conscient continue à inonder la marché de la bouffe de produits mortifères. Certes, après nous avoir bousillés, il disparaitra à son tour par manque de débouché. L’escalade est par conséquent commencée et pour moi ira inéluctablement à son comble.
    Grand merci tout de même de nous continuellement rappeler comme Condorcet l’avait si bien déclaré: “Qu’importe que tout soit bien, pourvu que nous fassions en sorte que tout soit mieux qu’il n’était avant nous.”
    Amicalement
    Pierre Chabat

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  2. Bonjour Yohann
    Pour le truc des bombes atomique qui équivalent au réchauffement climatique, c’est 4 à la seconde.

    Amicalement
    Jack
    P.S. Ça fait longtemps que je connais ce 4 bombes atomiques à la seconde, on va sûrement passé le cap des 5 dans quelques années.

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  3. […] augmente, au fur et à mesure de son accroissement, l’amplitude des catastrophes naturelles, notamment sécheresses et inondations, un véritable désastre pour l’agriculture, besoin vita…; il faut malheureusement le rappeler dans nos sociétés occidentales complètement, mais […]

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